Klotho : ce que cette protéine dit du vieillissement
ℹ️ Informations - Cette définition a une vocation informative et ne remplace pas un avis médical individualisé. Les travaux cités portent en grande partie sur des modèles animaux ou sur des associations observationnelles chez l'humain.
De quoi parle-t-on
Klotho est une protéine codée par un gène du même nom, identifié en 1997 chez la souris [1]. Son nom vient de la mythologie grecque : Clotho est celle des trois Moires qui file le fil de la vie.
Elle existe sous une forme ancrée dans la membrane des cellules et sous une forme circulante, libérée dans le sang. Elle est produite en particulier par le rein, et sa quantité diminue avec l'âge.
La découverte de 1997, et ce qu'elle montre exactement
Klotho n'a pas été cherchée : elle a été trouvée. Des souris chez lesquelles l'expression de ce gène était défaillante ont développé un ensemble de manifestations évoquant un vieillissement accéléré, avec une durée de vie raccourcie et plusieurs atteintes d'organes [1]. Les auteurs ont proposé que le produit de ce gène participe à une voie de signalisation impliquée dans le vieillissement et dans les maladies liées à l'âge [1].
C'est un résultat important, et c'est aussi tout ce qu'il dit. Observer qu'un manque produit un effet ne démontre pas qu'un surplus produirait l'effet inverse chez l'humain.
Ce que l'on sait chez l'humain
Il existe chez l'humain un variant du gène, appelé KL-VS. Les porteurs d'une seule copie de ce variant ont des niveaux circulants plus élevés, et ce profil a été associé à de meilleures performances cognitives dans plusieurs cohortes [2]. Chez des souris modifiées pour produire davantage de cette protéine, les tests d'apprentissage et de mémoire étaient également meilleurs que chez les témoins [2].
Sur le versant physique, une revue systématique portant sur des adultes d'âge moyen et âgés retrouve des associations entre les niveaux de Klotho et la performance physique ou la fragilité, avec des résultats hétérogènes selon les études et les méthodes de mesure [3].
| Type de donnée | Ce qui est montré | Ce que cela ne montre pas |
|---|---|---|
| Souris sans Klotho fonctionnel [1] | Un syndrome évoquant un vieillissement accéléré | Qu'en ajouter ralentirait le vieillissement humain |
| Variant humain KL-VS [2] | Une association avec de meilleures performances cognitives | Un lien de cause à effet, ni un effet chez les non-porteurs |
| Études observationnelles [3] | Des associations avec la performance physique et la fragilité | Que faire monter le niveau améliorerait ces paramètres |
Ce que cette notion ne permet pas de faire
- Klotho ne se dose pas dans un bilan de biologie courant, et aucun seuil interprétable pour un particulier n'est établi ;
- aucun complément alimentaire ne dispose d'un niveau de preuve permettant d'affirmer qu'il augmente le Klotho circulant et que cela produit un bénéfice ;
- les travaux menés chez la souris ne se transposent pas directement à l'humain, en particulier lorsqu'ils reposent sur une modification génétique ;
- être porteur ou non du variant KL-VS n'est pas une information sur laquelle fonder une décision de santé ;
- parler de « protéine anti-âge » revient à décrire une hypothèse de recherche comme un résultat acquis.
Ce que cette protéine apporte vraiment, à ce stade, est une piste de compréhension : elle relie le rein, le métabolisme du phosphate et plusieurs mécanismes du vieillissement dans un même schéma. C'est un point de départ pour la recherche, et il n'est jamais trop tôt pour s'intéresser aux leviers qui, eux, sont déjà documentés.
Ce qu'il faut retenir
- Klotho est une protéine identifiée en 1997, dont le déficit chez la souris produit un syndrome évoquant un vieillissement accéléré [1] ;
- sa quantité diminue avec l'âge chez l'humain ;
- le variant humain KL-VS est associé à de meilleures performances cognitives chez les porteurs d'une copie [2] ;
- les données humaines sont surtout des associations, hétérogènes selon les études [3] ;
- ce n'est ni un examen de routine, ni une cible accessible par un complément.
Sources scientifiques
- Kuro-o M, Matsumura Y, Aizawa H, et al. "Mutation of the mouse klotho gene leads to a syndrome resembling ageing" Nature 1997;390(6655):45-51 (PMID 9363890)
- Dubal DB, Yokoyama JS, Zhu L, et al. "Life extension factor klotho enhances cognition" Cell Rep 2014;7(4):1065-1076 (PMID 24813892)
- Veronesi F, Borsari V, Cherubini A, Fini M. "Association of Klotho with physical performance and frailty in middle-aged and older adults: A systematic review" Exp Gerontol 2021;154:111518 (PMID 34407459)
Voir aussi
- Sénescence cellulaire, quand une cellule cesse de se diviser sans disparaître
- Télomères, un autre marqueur souvent présenté comme une horloge
- FOXO, une famille de gènes associée à la longévité dans plusieurs populations
- Notre guide complet de la longévité