Échelle de Borg : définition du niveau effort perçu RPE
ℹ️ Informations - Cette définition a une vocation informative et ne remplace pas un avis médical individualisé.
Définition
Le RPE, pour Rate of Perceived Exertion (taux d'effort perçu), est une échelle qui traduit en chiffre l'intensité ressentie pendant un effort. Elle a été formalisée par le psychophysiologiste suédois Gunnar Borg, qui a montré que cette perception subjective suit de près les grandeurs physiologiques mesurées [1]. Autrement dit : ce que vous ressentez est une information, pas une approximation vague.
Les deux échelles
Deux versions coexistent. L'échelle historique va de 6 à 20 : ce choix de bornes n'est pas arbitraire, il a été pensé pour qu'en multipliant la note par dix on retrouve approximativement la fréquence cardiaque d'un adulte jeune. L'échelle plus récente, dite CR10, va de 0 à 10 et est souvent préférée aujourd'hui pour sa simplicité.
| Borg 6-20 | CR10 | Ressenti |
|---|---|---|
| 6 à 8 | 0 à 1 | Repos ou effort à peine perceptible |
| 9 à 11 | 2 à 3 | Léger, conversation aisée |
| 12 à 14 | 4 à 5 | Modéré, respiration plus ample |
| 15 à 17 | 6 à 8 | Intense, phrases courtes seulement |
| 18 à 20 | 9 à 10 | Maximal, intenable longtemps |
Pourquoi cela fonctionne
Une étude portant sur plus de 2 500 participants a retrouvé des corrélations élevées entre la note de Borg et deux repères objectifs : la fréquence cardiaque et le lactate sanguin [2]. La méthode a aussi été étendue à la séance entière : en multipliant la note globale par la durée en minutes, on obtient une charge d'entraînement qui suit de près les indicateurs fondés sur la fréquence cardiaque [3]. C'est ce qui en fait un outil précieux quand le cardiofréquencemètre est pris en défaut, en musculation ou par forte chaleur par exemple.
Ce qu'il ne dit pas
Le RPE reste une perception, avec ses limites :
- il varie avec la fatigue, le sommeil et l'humeur du jour ;
- il demande un peu de pratique pour être calibré ;
- il ne détecte pas un problème de santé sous-jacent.
Une note anormalement élevée pour un effort habituel, un essoufflement inhabituel ou une douleur thoracique méritent d'être signalés à un médecin plutôt que d'être interprétés seul. Par ailleurs, la majorité du volume d'entraînement en endurance se situe dans les notes basses de l'échelle [4].
Sources scientifiques
- Borg GA. "Psychophysical bases of perceived exertion" Med Sci Sports Exerc 1982;14(5):377-381 (PMID 7154893)
- Scherr J, Wolfarth B, Christle JW, et al. "Associations between Borg's rating of perceived exertion and physiological measures of exercise intensity" Eur J Appl Physiol 2013;113(1):147-155 (PMID 22615009)
- Foster C, Florhaug JA, Franklin J, et al. "A new approach to monitoring exercise training" J Strength Cond Res 2001;15(1):109-115 (PMID 11708692)
- Seiler S. "What is best practice for training intensity and duration distribution in endurance athletes?" Int J Sports Physiol Perform 2010;5(3):276-291 (PMID 20861519)
Voir aussi
- Notre guide complet de la longévité
- Zone 2, l'allure cardio modérée
- La fatigue après le sport
- La récupération après le sport